
La logistique africaine n’est plus un simple défi d’infrastructure. Elle devient un facteur déterminant de souveraineté économique et de compétitivité industrielle. En 2026, la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) impose une discipline nouvelle : la performance logistique conditionne désormais la croissance.
Selon la Banque mondiale, les coûts logistiques en Afrique représentent entre 30 % et 40 % de la valeur des biens transportés, contre 8 % à 15 % dans les économies développées. Cet écart structurel pèse directement sur les marges des entreprises africaines et sur la compétitivité des exportations intra-continentales.
Avec un marché potentiel de 1,3 milliard de personnes et un PIB combiné estimé à plus de 3 400 milliards USD selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la ZLECAf crée une opportunité historique. Mais cette opportunité repose sur une condition : la fluidité des flux.
Dans ce contexte, Africa Global Logistics (AGL) occupe une position stratégique. Présent dans plus de 40 pays, opérant ports, terminaux et réseaux ferroviaires, le groupe structure des corridors reliant les zones industrielles aux façades maritimes.
Selon la CEA, une amélioration substantielle des infrastructures logistiques pourrait augmenter le commerce intra-africain de plus de 50 %. Les opérateurs capables d’intégrer portuaire, ferroviaire et routier deviennent donc des acteurs macroéconomiques. La logistique cesse d’être un centre de coût. Elle devient une infrastructure de puissance commerciale.
Au-delà des infrastructures lourdes, la transformation la plus structurante pourrait être technologique.
La startup nigériane Kobo360 illustre cette mutation. En connectant transporteurs et chargeurs via une plateforme digitale, elle optimise les itinéraires et réduit les retours à vide, qui constituent une perte majeure de productivité.
Selon la Société financière internationale (IFC), la digitalisation du transport routier pourrait réduire les coûts logistiques africains de 15 % à 20 %. Ce potentiel est considérable dans une région où le transport routier représente plus de 70 % du transport de marchandises, selon la Banque mondiale. L’enjeu est clair : améliorer la performance des actifs existants avant même de construire de nouvelles infrastructures. La convergence entre modernisation physique et optimisation digitale crée une architecture logistique continentale plus cohérente.
Pour les États, l’alignement entre stratégie industrielle et planification logistique devient impératif. Une zone économique spéciale sans corridor performant perd en attractivité.
Pour les entreprises africaines, la logistique devient un avantage compétitif. La capacité à livrer rapidement et à maîtriser les coûts conditionne l’accès aux marchés régionaux.
Pour les investisseurs, l’opportunité se situe à l’intersection infrastructure–technologie–finance :
Selon la CEA, le commerce intra-africain représente environ 15 % des échanges du continent, contre plus de 60 % en Europe. Une réduction significative des frictions logistiques pourrait transformer durablement cet indicateur.
Les 12 à 24 prochains mois détermineront si la logistique africaine devient un multiplicateur de croissance ou reste un frein structurel. La maîtrise des flux devient un indicateur avancé de la puissance économique régionale.
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