
En Afrique, l’énergie entrepreneuriale est forte, les idées sont nombreuses, les marchés existent. Pourtant, une constante revient dans les trajectoires d’échec ou de stagnation : la distribution est pensée trop tard. Alors que le marché africain du e-commerce est estimé entre 50 et 60 milliards USD en 2024-2025 (Banque mondiale / IFC), la bataille ne se joue plus uniquement sur le produit, mais sur sa capacité à circuler efficacement.
Le continent compte environ 1,48 milliard d’habitants, dont près de 60 % ont moins de 25 ans (Banque mondiale, 2025). Le taux de pénétration mobile dépasse 85 %, et plus de 800 millions de comptes Mobile Money sont actifs (GSMA, 2024). Le consommateur africain est connecté, informé et prêt à acheter.
Le blocage ne vient donc ni de la demande, ni du digital. Il vient d’un angle mort stratégique où la distribution n’est pas intégrée dès la conception du modèle économique.
Dans de nombreux cas, l’entrepreneur investit dans le branding, la communication, la qualité produit et la visibilité digitale. Puis il/elle découvre que la marge disparaît dans le transport, les retours, les ruptures de stock, les délais imprévisibles et la dépendance à des intermédiaires mal structurés. La distribution n’est pas un coût annexe. Elle détermine la viabilité.
Les investisseurs ne financent plus uniquement des idées ou des communautés. Ils analysent :
Or, selon la Banque mondiale, les coûts logistiques représentent entre 14 % et 18 % du PIB en Afrique, contre environ 8 % dans les économies développées. Cela signifie que tout modèle qui ignore cette réalité structurelle est fragilisé. Les fonds structurés regardent désormais la distribution comme un indicateur de maturité stratégique.
Un projet qui n’intègre pas clairement son architecture logistique, ses corridors d’approvisionnement et une stratégie d’extension régionale, sera perçu comme incomplet.
Beaucoup d’entrepreneurs pensent externaliser intelligemment leur logistique. En réalité, ils externalisent souvent leur pouvoir.
Lorsque la distribution est totalement sous-traitée sans vision :
À l’échelle macro, cela crée un déséquilibre plus large : ceux qui contrôlent la distribution structurent progressivement le marché.
Dans un contexte où le commerce intra-africain reste inférieur à 18 % des échanges totaux (CNUCED, 2024), maîtriser les circuits régionaux devient un avantage compétitif déterminant. La distribution façonne les hiérarchies économiques.
À horizon 12–24 mois, plusieurs évolutions pourraient accélérer la sélection naturelle des modèles :
Les entreprises qui auront pensé la distribution comme un levier stratégique prendront une avance durable. Les autres continueront à croître… sans consolider leurs marges.
Cet article pose un constat. Dans le Dossier Spécial du numéro 18 de K-World, nous analysons en profondeur :
Les études de cas du magazine ne théorisent pas. Elles montrent.
Si vous êtes entrepreneur, investisseur ou décideur public, il est important de valider à quel moment avez-vous intégrée la problématique de distribution dans votre stratégie.
>> Pour comprendre concrètement comment la valeur se construit (et se perd) téléchargez le numéro 18 de K-World Magazine.
En Afrique, la prochaine vague entrepreneuriale ne sera pas seulement créative. Elle sera structurée. Car la distribution est une décision stratégique fondatrice. Ceux qui l’auront compris en 2026 ne joueront pas dans la même catégorie.
Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

K-World est un magazine digital et bimestriel, de plus de 60 pages avec une trentaine d’articles et un dossier spécial. Tous les articles sont rédigés par des professionnels mais nous accordons une place particulière aux experts qui souhaitent contribuer sur des sujets spécifiques.
K-World Magazine est un outil d’aide à la décision économique. Nous produisons une information structurée et exploitable sur les chaînes de valeur africaines à fort potentiel. Chaque numéro fournit des analyses sectorielles, données économiques vérifiées, lectures industrielles et une cartographies d’opportunités.